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Comment fabrique-t-on un carreau de ciment ? Le guide complet

Mis à jour le · 3 min de lecture

Comment fabrique-t-on un carreau de ciment ?

C’est l’une des choses les plus fascinantes que j’ai découvertes dans ma vie : la fabrication d’un carreau de ciment. Un processus inventé il y a plus de 150 ans, qui n’a pratiquement pas changé depuis, et qui reste entièrement manuel. Pas de machine, pas de robot, pas d’automatisation. Juste un artisan, un moule, des couleurs, et une presse.

Le principe en quelques mots

On coule des pâtes de ciment coloré dans un moule compartimenté (le diviseur), on ajoute des couches de mortier par-dessus, on presse très fort, on démoule immédiatement, et on laisse le carreau durcir tout seul grâce à l’eau et au temps. Pas de cuisson. Le ciment durcit par une réaction chimique naturelle appelée hydratation — au contact de l’eau et de l’air, il cristallise et devient aussi dur que la pierre.

Ce que je veux que vous reteniez

Chaque carreau de ciment a été fait par un être humain. Un par un. Il n’existe pas de fabrication mécanisée du carreau de ciment — ce n’est tout simplement pas possible avec ce processus. La seule “recette” pour produire plus, c’est plus de bras humains.

Quand vous marchez sur un sol en carreaux de ciment, vous marchez sur le travail d’un artisan qui a coulé chaque couleur à la main, pressé chaque carreau individuellement, les a portés un par un pour les mettre à sécher, les a trempés dans l’eau, les a triés, et les a emballés avec des protections entre chaque pièce. C’est un travail physique, exigeant, qui se fait sur des journées longues. Et c’est ce qui rend chaque carreau unique.

Pas de cuisson — mais attention au greenwashing

On dit souvent que le carreau de ciment est “écologique” parce qu’il n’est pas cuit. C’est vrai que la fabrication elle-même consomme beaucoup moins d’énergie qu’un grès cérame cuit à 1200°C. Mais soyons honnêtes : le ciment Portland qui entre dans sa composition a lui-même été fabriqué en cimenterie à très haute température, et l’industrie cimentière est l’un des premiers émetteurs de CO₂ mondial.

Le carreau de ciment a un impact écologique qui n’est pas nul. Il est probablement un peu plus vertueux que la céramique à la fabrication, mais ce n’est pas radicalement différent. Ce qui le rend vraiment écologique, c’est sa durabilité : un carreau qui dure 100 ans au lieu d’être remplacé tous les 10 ans, ça change tout le calcul.

Les grandes étapes

  1. Préparation de la pâte colorée (mortier de ciment blanc, poudre de marbre, pigments, eau)
  2. Placement du diviseur dans le moule en acier
  3. Coulage des couleurs dans les compartiments du diviseur
  4. Retrait du diviseur — le motif se fige
  5. Saupoudrage du sécante (mortier sec qui absorbe l’eau)
  6. Ajout de la semelle (mortier de structure)
  7. Pressage sous forte pression (presse hydraulique, mécanique ou à levier)
  8. Démoulage immédiat — le carreau est fragile comme un bébé prématuré
  9. Repos 24 heures
  10. Hydratation par trempage ou aspersion
  11. Cure en chambre humide (1 à 4 semaines selon les ciments)
  12. Séchage, tri et conditionnement

Chaque étape est détaillée dans les articles de ce cluster. Bonne lecture — c’est un univers passionnant.


Ce guide est le point d’entrée du cluster Fabrication par César Bazaar. Pour aller plus loin : Le processus étape par étape · Les matières premières · Le diviseur et les moules · Anatomie couche par couche · Sans cuisson : comment ça durcit · Pigments et couleurs · Chaque carreau est unique · Artisanat vs industrie · Les formats et dimensions

Portrait de César Bazaar

L'expertise César Bazaar

Chaque chapitre de cette encyclopédie est le fruit d'un travail de recherche et d'expérimentation passionné dans mon atelier. J'ai parcouru le monde entier pour apprendre tout ce que je pouvais sur les carreaux de ciment, et j'essaye, ici, de vous le retranscrire au mieux 🥰

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Crédit photo : Gabrielle Gayraud

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