Encyclopédie du carreau de ciment

Tout sur le carreau de ciment

Fabrication, pose, traitement, entretien, prix.

Salut, moi c'est César 👋. Je fabrique des carreaux de ciment depuis 2020 dans mon atelier à Pantin, et sur ce site je rassemble tout ce que j'apprends sur ce matériau qui me passionne. J'essaye d'apporter des réponses claires aux questions que vous me posez tous les jours 🥰.

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Pantin · 2020

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Les 12 questions qu'on me pose le plus souvent — avec une réponse courte, et un lien vers le guide complet si vous voulez creuser.

Qu'est-ce qu'un carreau de ciment exactement ?

Un carreau non cuit, fabriqué à la main, à base de ciment, de sable, de poudre de marbre et de pigments minéraux. La couche colorée (5-6 mm d'épaisseur, dans la masse) est coulée dans un petit moule cloisonné qu'on appelle le diviseur, posé sur le moule du carreau. On verse ensuite du mortier sec, une semelle de structure, et on presse à la presse hydraulique. Le carreau durcit naturellement par hydratation pendant plusieurs semaines — pas de four, pas d'émail, juste de la chimie minérale.

Le guide complet de la fabrication →
Comment c'est fabriqué ?

À la main, étape par étape : pâte colorée → diviseur → mortier sec → semelle → pressage hydraulique → durcissement à l'air pendant 1 à 4 semaines, selon les conditions. Aucune cuisson, aucune émaillerie. Le savoir-faire date des années 1850 et n'a presque pas changé depuis — seules les presses ont gagné en puissance. Chez moi, je travaille essentiellement avec des moules en laiton (méthode européenne classique) et j'expérimente aussi la méthode Athangudi du sud de l'Inde.

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Quelle différence avec un carrelage classique ou un encaustique ?

Le carrelage classique (grès, faïence, porcelaine) est cuit à 1100-1300 °C ; le carreau de ciment est pressé à froid. L'encaustique, c'est anglo-saxon : argile cuite avec motif en creux rempli d'argile colorée. Les trois techniques sont souvent confondues mais elles n'ont rien à voir. Côté finition, sur un carreau de ciment la couche colorée fait 5-6 mm dans la masse — sur un grès cérame qui imite, le motif est imprimé en surface et s'use à l'usage.

Comparatif détaillé →
Combien ça coûte au m² ?

Comptez 80 à 150 €/m² pour des carreaux artisanaux authentiques de qualité, 150 à 350 €/m² pour du sur-mesure ou du haut de gamme. À ça s'ajoutent la pose (60-90 €/m² par un carreleur expérimenté) et le traitement (5-15 €/m² selon les produits). Si on vous propose des "carreaux de ciment" à 25 €/m², c'est presque toujours du grès cérame imprimé — autre matériau, autre durée de vie.

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Peut-on en mettre dans une douche, une cuisine, à l'extérieur ?

Oui aux trois, sous conditions. Cuisine et crédence : aucun souci, c'est même un classique — il faut juste éponger les éclaboussures acides (citron, vinaigre, vin) rapidement. Douche et salle de bain : oui avec un bon traitement hydrofuge + oléofuge bien renouvelé. Extérieur : oui en zone abritée et hors-gel. Le carreau de ciment craint le gel sévère et les acides, c'est tout — pour le reste, il vit très bien partout.

Guide pièce par pièce →
Comment se pose un carreau de ciment ?

Plus délicat qu'un carreau ordinaire, mais accessible à un carreleur soigneux. Les essentiels : support parfaitement plan, double encollage à la colle souple type C2, pose en bain plein sans vibrations, joints serrés (1-2 mm) à la barbotine. Le carreau de ciment est épais (15-20 mm) et calibré à la main, donc il faut adapter la méthode — surtout l'encollage et le calepinage. Pas un travail à improviser le dimanche.

Le guide complet de la pose →
Faut-il obligatoirement le traiter ?

Oui, toujours. Un carreau de ciment brut est très poreux : il boit l'eau, le café, l'huile, et tache instantanément. Le traitement bouche-pores est non-négociable, idéalement appliqué avant ou pendant la pose, puis renouvelé. Selon la pièce, on ajoute un hydrofuge (zones humides) et un oléofuge (cuisine). Sans traitement, vous regretterez votre projet la première semaine.

Guide du traitement →
Comment l'entretenir au quotidien ?

De l'eau et un savon doux, c'est tout. pH neutre : savon noir, savon de Marseille, ou un nettoyant dédié type FILA Cleaner Pro. Une serpillière bien essorée, et c'est fini. Surtout pas de javel, pas de vinaigre, pas d'anti-calcaire ni de détartrant — ces produits acides ou basiques rongent la couche colorée. La règle d'or : si le produit décape, il abîme le carreau de ciment.

Guide de l'entretien →
Comment rénover des carreaux anciens ?

Diagnostic d'abord. Si la couche colorée fait encore 3 mm ou plus, on peut poncer (grain progressif 80 → 400 → 800), bouche-pores et cire de finition — les sols retrouvent leur éclat. Si certains carreaux sont cassés, on peut les remplacer à l'identique (la reproduction artisanale est faisable). Évitez la peinture pour carreaux : c'est un pis-aller qui s'écaille en 2-3 ans et qu'il faudra ensuite arracher chimiquement.

Guide de rénovation →
Comment reconnaître un vrai carreau de ciment d'une imitation ?

Trois tests rapides : 1) l'épaisseur — un vrai fait 15-20 mm, une imitation grès cérame 8-10 mm ; 2) le dos — un vrai a une semelle granuleuse en mortier, une imitation a un dos lisse imprimé ; 3) le poids — un vrai 20×20 cm pèse environ 1,5 kg, une imitation moitié moins. Et surtout, sur un vrai carreau de ciment le motif est dans la masse sur 5-6 mm — sur une imitation il est imprimé en surface et s'use.

Reconnaître un vrai carreau de ciment →
Le carreau de ciment est-il écologique ?

Plutôt oui, à conditions. Pas de cuisson = très peu d'énergie en production (30 à 50 fois moins qu'un carrelage cuit). Matériaux 100 % minéraux, locaux quand le fabricant le veut. Et surtout une durabilité de plusieurs siècles : j'ai vu des sols posés en 1900 qu'on poncerait pour leur donner cinquante ans de plus. Le bémol honnête : le ciment Portland a un coût carbone réel — il faut le rapporter à la longévité réelle du carreau pour avoir un bilan juste.

Bilan écologique honnête →
Où trouver des carreaux de ciment de qualité ?

Privilégiez les fabricants artisans plutôt que les revendeurs de masse. En France, plusieurs ateliers en activité (dont le mien à Pantin). Au Maroc, au Mexique, au Portugal et au Vietnam aussi. Demandez l'origine exacte de la production, posez des questions sur la presse, la formule, les pigments — un fabricant sérieux y répond facilement et avec plaisir. Si on vous parle uniquement d'esthétique, c'est mauvais signe.

Guide d'achat →

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Qui écrit ce site

César Bazaar

Fabricant de carreaux de ciment · Atelier de Pantin (Île-de-France) depuis 2020

Je fais des carreaux de ciment à la main, un par un, dans un atelier que j'ai monté en 2020. J'ai commencé en allant voir comment les autres faisaient — au Maroc, en Inde, en Espagne, au Vietnam — et j'ai gardé ce que je trouvais le plus juste. Aujourd'hui je continue d'apprendre, de tester, et je rassemble ici tout ce qui me semble vraiment utile à partager 🥰.

Techniques que je pratique

  • Pressage hydraulique avec moules en laiton (méthode européenne, fin XIXᵉ)
  • Méthode Athangudi (Inde du Sud, étude sur place)
  • Pigments minéraux, poudre de marbre, ciment Portland blanc
  • Restauration et reproduction de carreaux anciens (XIXᵉ-XXᵉ)

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