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Carreaux de ciment pas chers : les pièges à connaître

Mis à jour le · 3 min de lecture

Carreaux de ciment pas chers : les pièges à connaître

On cherche tous à faire des bonnes affaires. Mais sur les carreaux de ciment, le “pas cher” mérite qu’on se pose quelques questions — pas sur la qualité, mais sur ce que ce prix signifie.

Le vrai et le faux en grande surface

Dans les grandes surfaces de bricolage, la majorité de ce qui est vendu sous le nom “carreaux de ciment” est en réalité du grès cérame imprimé qui imite les motifs traditionnels. Ce n’est pas du carreau de ciment — c’est du carrelage industriel cuit à 1200°C avec une impression jet d’encre en surface. Le toucher est différent, l’aspect est différent, la durabilité est différente.

Cela dit, on trouve aussi dans certaines enseignes de vrais carreaux de ciment à des prix très bas (60-80 €/m²). Ils sont fabriqués au Vietnam et ils sont faits à la main — tous les carreaux de ciment le sont, il n’existe pas de fabrication mécanisée. Leur qualité peut être tout à fait correcte. Le prix bas ne vient pas d’une qualité inférieure — il vient du fait que les artisans vietnamiens sont payés très peu.

La question qu’il faut se poser

Un carreau de ciment à 160 €/m² acheté dans un magasin des quartiers chics de Paris peut être exactement le même carreau qu’à 80 €/m² en grande distribution. La différence de prix ne va pas dans la poche de l’artisan — elle va dans la marge du revendeur.

Quand vous achetez des carreaux de ciment, demandez-vous : qui prend l’argent ? Le fabricant et ses artisans, ou un intermédiaire commercial qui se fait une grosse marge sur du travail humain peu cher payé ?

Reconnaître un vrai carreau de qualité

Un véritable carreau de ciment de qualité, ça se reconnaît :

Au toucher : mat, velouté, doux. Jamais vitrifié ni brillant (sauf s’il a été ciré). Si la surface est lisse et brillante comme du carrelage, c’est du grès cérame.

Au poids : lourd et dense. Un carreau de 20x20 pèse environ 1,3 kg. Si c’est léger, ce n’est pas du ciment.

À l’épaisseur : 16 mm minimum pour le sol. Regardez la tranche : vous devez voir le motif coloré sur 3-5 mm d’épaisseur, pas juste une fine couche en surface.

Aux irrégularités : de légères variations de teinte, de dimension, de régularité des lignes — c’est normal, c’est la signature du fait main. Si tout est parfait au dixième de millimètre, c’est de l’industriel.

À la porosité : avant traitement, une goutte d’eau doit être absorbée. Si l’eau perle naturellement sur un carreau non traité, c’est qu’il est vitrifié — ce n’est pas du ciment.

Le vrai piège : la couche d’usure trop fine

Sur les productions à très bas coût, le point faible potentiel est l’épaisseur de la couche d’usure (la couche colorée). Si elle est réduite à 1-2 mm au lieu de 3-5 mm, le carreau s’usera beaucoup plus vite et ne pourra pas être rénové par ponçage. Vérifiez ce point si vous achetez du premier prix.

Le temps de cure (séchage/hydratation) peut aussi être écourté dans les productions à bas coût, donnant un carreau plus friable et plus poreux. C’est invisible à l’achat mais se verra dans le temps.


Cet article fait partie du guide des prix par César Bazaar. Pour aller plus loin : Prix au m² · Artisanat vs industrie · Comment est fabriqué un carreau de ciment

Portrait de César Bazaar

L'expertise César Bazaar

Chaque chapitre de cette encyclopédie est le fruit d'un travail de recherche et d'expérimentation passionné dans mon atelier. J'ai parcouru le monde entier pour apprendre tout ce que je pouvais sur les carreaux de ciment, et j'essaye, ici, de vous le retranscrire au mieux 🥰

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Crédit photo : Gabrielle Gayraud

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